Casa della Roccia

Storia · 9 min

Il pane che fece allucinare un'intera isola

La storia vera dell'LSD di Alicudi

10 aprile 2026

Questo articolo è attualmente disponibile solo in francese.

Pendant la première moitié du XXᵉ siècle, quelque chose d'étrange se passait à Alicudi. Les habitants voyaient des femmes volantes — appelées « majare » en dialecte éolien — s'enduire le corps d'un onguent avant de s'envoler la nuit. Des sacs de jute parlaient, des églises s'effondraient, de la pierre ponce tombait du ciel comme la pluie. Tout un village hallucinait.

Le coupable : l'ergot de seigle

Le pain de l'île était fait avec du seigle, lequel était régulièrement contaminé par l'ergot — un champignon parasite (Claviceps purpurea) qui produit l'acide lysergique. Exactement la molécule que Albert Hofmann synthétisera en LSD en 1938. Sans le savoir, les Alicudari mangeaient quotidiennement un psychotrope.

Mural street art à Alicudi représentant une femme qui vole et une créature mi-mouton, mi-humaine — référence aux hallucinations collectives de l'île
« À Alicudi on mord. Les histoires vraies ressemblent à des légendes. »

Des hallucinations devenues culture

Les visions ont été tellement persistantes qu'elles se sont incrustées dans le folklore. Les majare, les coupeurs de tempêtes (ces pêcheurs qui connaissaient des formules pour calmer les trombes marines), Saint Barthélemy invoqué contre le mauvais œil — tout un monde est né du pain contaminé.

L'anthropologue Massimiliano Palmesano, dans son étude de référence, rappelle toutefois que l'ergot n'explique pas tout. Alicudi avait déjà une tradition de récits mystiques bien avant 1903. Le champignon a peut-être seulement été l'ingrédient qui a rendu ces visions collectives, partagées, crédibles.

Le livre qui a ressuscité l'histoire

En 2024, la romancière Marta Lamalfa publie chez Neri Pozza « L'isola dove volano le femmine ». On y suit Caterina, une jeune Alicudara de 1903 qui rêve de devenir majara. Le livre a été traduit et a relancé l'intérêt international pour cette histoire oubliée.

La même année, Tommaso Ragonese publie chez Meltemi un essai qui reconstitue la généalogie complexe de cet imaginaire mythico-magique — une contre-lecture érudite de la « théorie virale » de l'ergot.

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